flux des transhumances estivales :
– caprins : 13 200 têtes
– ovins : 12 500 têtes
Héliportage : nombre de bergeries desservies : 50
Nombre de groupements pastoraux : 4
Données estimatives d’après le Comité de Massif de Corse (2023)

La transhumance en Corse s’effectue le plus souvent sur l’estive locale la plus proche du territoire de l’exploitation. La montée en estive s’appelle « a muntagnera » et la redescente « l’impiaghjera » que l’on pourrait traduire comme la redescente en plaine. Environ 120 troupeaux de chèvres et de brebis transhument encore sur la montagne corse en période estivale. La grande majorité des élevages caprins laitiers de race corse, transformateurs fermiers, la pratique. La tendance est moins affirmée pour les ovins lait. En règle générale, les animaux sont conduits en transhumance « À latte seccu », c’est-à-dire après tarissement, entre fin juin et mi-juillet. Quelques cheptels, plus rares, effectuent encore la transhumance à pied en suivant d’anciens sentiers historiques. Aujourd’hui, la plupart des éleveurs ont opté pour les déplacements en bétaillère. La transformation fromagère en montagne est devenue rare, elle concerne moins de 10 % des élevages transhumants.
Moins traditionnel, le cheptel transhumant le plus important aujourd’hui est constitué de bovins allaitants, souvent de race corse ou croisée corse, qui sont particulièrement adaptés à la valorisation des terrains montagneux. Ces vaches transhument généralement de manière autonome au départ des exploitations. Bien que moins répandue, la transhumance des porcs noirs de race locale, reconnue sous le nom de « Porcu Nustrale », existe dans les vallées réputées pour leur tradition charcutière, ces animaux étant capables de pâturer efficacement.

CORSE

La transhumance à pied s’est pratiquée activement jusque dans les années 1950. Puis avec la construction des routes, elle a progressivement décliné. Les axes routiers principaux ont souvent repris les tracés des anciens sentiers de transhumance. Sur ces chemins, on retrouve beaucoup de marqueurs préhistoriques comme des alignements de menhirs, des sites christianisés et d’anciennes chapelles.
Il était d’usage au Niolu de ne pas partir en montagne avant la Sant’Antone de Padoue, le 13 juin, afin de profiter d’un climat clément. À Casamaccioli, la Santa di u Niolu fête patronale du 8 septembre, jour de la Sainte Marie, appelait tous les bergers de Corse à l’occasion d’une grande foire rurale qui s’est perpétuée jusqu’à nos jours.

De nombreux produits emblématiques sont issus de l’élevage des races locales et des savoir-faire ancestraux corses :
– le brocciu, fromage frais fabriqué à partir du lactosérum, sous AOP.
– plusieurs fromages au lait cru de brebis ou de chèvre, à croûte fleurie ou lavée. On en dénombre cinq types : Bastelicaccia, Sartinesu, Venachese, Niulincu, Calinzana.
– le « vitellu corsu », le veau corse élevé sous la mère et le « Manzu », un jeune bovin généralement engraissé à la descente d’estive.